2 avril 2009

Chronologie médiévale de Montgardin

26 décembre 1265 : Le dauphin Guigues concède une charte à Guigues de Montgardin, Aymar et Jacques Brunel, Sterlate et ses enfants, Mothète et ses enfants, Vraylon et ses frères, Lantelme de Chorges, Rambaud d'Esparron et Rivoire, dans laquelle il renonce à prendre leurs hommes sous sa sauvegarde, leur reconnaît le droit de justice et se réserve le haut domaine. (Arch. Isère, B2992).
19 novembre 1293 : Jean de Cathalorio, prieur de Saint-Géraud de Roveria, à Montgardin, reconnaît une dette de cinq sous de cens à l'égard de Raymond, archevêque d'Embrun. (Histoire des Alpes maritimes et cottiennes.)
14 mars 1297 : Pierre de Montgardin rend hommage à Jean, comte de Gapençais, pour Montgardin, sauf ce qu'il doit à l'archevêque. (Arch. Isère, B2997).
18 mars 1297 : Richard de Montgardin, Raymbaud de Montgardin et Humbert Dorchans, de Montgardin, rendent hommage au même Jean, comte de Gapençais. (Arch. Isère, B3011).
4 octobre 1326 : Une transaction concernant les chevauchées est passée entre le dauphin Guigues et les habitants de Montgardin et d'autres communautés. L'ensemble des ces villages fournira chaque années 50 fantassins, un drapeau, un trompette, sous les ordres d'un capitaine du dauphin. Si la guerre a lieu en dehors des limites du Lautaret, du Mont-Genèvre, de Chauvet ou hors du Dauphiné, ils devront fournir 100 fantassins. Les habitants paient une fois pour toute 15 livres de gros tournois. (Arch. Isère, B3609).
4 décembre 1342 : Hugues Rambaud, de Montgardin, rend hommage au dauphin, au nom de Françoise Artaud, sa femme, pour ce qu'elle possède dans le mandement de Faudon. (Inventaire de la Chambre des Comptes).
21 août 1352 : Hommage au dauphin par Georges de Laval, coseigneur de Montgardin, Hugues de Montgardin et Pons Rambaud, pour Montgardin, sauf les droits de l'archevêque, par Béatrix de Montgardin, fille d'Hugues, pour Montgardin. Ces seigneurs reconnaissent devoir au dauphin deux cavaliers pour ses chevauchées. (Arch. Isère, B620).
31 janvier 1366 : Bail à ferme par Jean Michel, procureur de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, à Jean Leydet, de Montgardin, d'un camp au marais de Chorges, pour 2 tournois d'argent par an. (Arch. Bouches-du-Rhône, Malte, Gap, n° 395).
17 septembre 1368 : Des bandes armées, venues de Provence et pillant la région, attaquent Montgardin. Elles se dirigent ensuite vers Chorges et l'Embrunais. (Les réparations des châteaux et des villes du Haut-Dauphiné à la fin du Moyen Âge, N. Nicolas, in Bulletin de la Société d'étude des Hautes-Alpes, Gap, 2005, p.5-24.)
20 juin 1372 : Étienne Rambaud, coseigneur de Montgardin, rend hommage au dauphin. (Arch. Isère, B2623).
28 septembre 1399 : Raymbaud, Jean et Arnoul Rambaud rendent hommage au dauphin, pour la coseigneurie de Montgardin. (Inventaire de la Chambre des Comptes). Le même jour, Antoine Rambaud, procureur de Raymbaud, son père, rend hommage aussi au dauphin pour la coseigneurie de Montgardin. (Arch. Isère, B2628).
5 mars 1403 : Une lettre du gouverneur du Dauphiné défendant aux voituriers de passer ailleurs que par Gap pour aller à Embrun est affichée sur l'église Saint-Géraud, à Montgardin. (Arch. mun. Gap, livre rouge, p. 50).
17 novembre 1406 : Hommage au dauphin par Antoine Rambaud, comme procureur de Pierre et Catherine, ses frères, pour Montgardin, Théüs et Espinasses. (Inventaire de la Chambre des Comptes).
17 novembre 1407 : Raymbaud Rambaud, fils de Raybaud, coseigneur de Montgardin, rend hommage au dauphin. (Arch. Isère, B2628).
15 février 1413 : Antoine, Pierre et Catherine Rambaud, frères, seigneurs de Montgardin, héritiers de Jean Rambaud par testament du 17 juillet 1410, rendent hommage au dauphin. (Arch. Isère, B2628).
25 novembre 1414 : Hommage au dauphin par Antoine Rambaud, seigneur de Montgardin, procureur de sa femme Artaude Filochi, fille de Genton, pour ses fiefs d'Ancelle, Romette et la Rochette. (Arch. Isère, B2629).
6 novembre 1445 : Investiture accordée à Guélix Rambaud, seigneur de Montgardin, des biens acquis par lui, le 27 mars 1445, de Jacques Marrou, fils d'Antoine, à Ancelle, la Rochette et Montreviol, pour le prix de 140 florins. (Inventaire de la Chambre des Comptes).
29 janvier 1446 : Le gouverneur du Dauphiné ordonne la transformation de la rente de 4 setiers de blé et autant d'avoine que payait Antoinette, veuve d'Étienne, de Montgardin, pour les tâches que ses ancêtres avaient reçues en emphythéose du dauphin, à Chaillol, en une rente de 2 florins 10 gros. (Arch. Isère, B2948).
12 juin 1447 : Hommage au dauphin par Henri Flotte, au nom de Louis de Laval, coseigneur de Montgardin. (Inventaire de la Chambre des Comptes).
6 juillet 1450 : Le dauphin écrit une lettre aux habitants de Montgardin, Embrun, Chorges et Rousset, les mettant en demeure de lui verser 100 marcs d'argent à l'occasion de son mariage. (Arch. mun. Embrun).
9 octobre 1452 : Philibert de Biétaux vend à Guélix Rambaud, seigneur de Montgardin, le fief  la Bâtie-Saint-Roman. Biétaux sera pourtant investi de ce fief le 14 novembre de la même année. (Inventaire de la Chambre des Comptes).
Sources : Tableau historique des Hautes-Alpes, Joseph Roman.

6 février 2009

Montgardin dans l'Antiquité

L'histoire de Montgardin débute dès avant l'invasion romaine et remonte au plus tard à l'époque celtique. Le village est en effet bâti sur les fondations d'un oppidum dont on a retrouvé la trace. Montgardin se situe très exactement entre les territoires des Avantices, peuplade gauloise basée à Gap, et des Caturiges, situés à Chorges, et à qui ils ont d'ailleurs donné leur nom (1).
Lorsque l'armée d'Octave, le futur César Auguste, ouvre la voie entre la Gaule narbonnaise et l'Italie, il semble que le site de Montgardin sert alors de base aux Romains pour conquérir Chorges, puis Embrun et toute la vallée.
Il n'est pas possible de connaître le nom de l'oppidum de Montgardin. Il est évident que le nom Montgardin (ou sa forme latine Monsgardinus) ne remonte qu'au Moyen Âge.






1. Le nom gaulois de Chorges est Civit Catur. Le nom vient d'une racine grecque, kat'oros, signifiant « sur la montagne ».

4 décembre 2008

Marianne Astrion, triste destin

Marianne Astrion était montgardinoise. Née le 26 mars 1837 d'Antoine Astrion et d'Hélène Rougny, la petite Marie sera en fait appelée Marianne. Comme ses parents étaient agriculteurs, elle aidait à la ferme. Dans le contexte de l'époque et surtout du lieu, Montgardin étant particulièrement isolé pour qui n'avait pas de moyen de transport, elle savait qu'elle épouserait un homme de la commune. Et ce fut le cas, quoique le futur était né à Prunières. Mais ce n'est pas bien loin et Louis Philippe Chaix, puisque c'est de lui qu'il s'agit, était né là-bas accidentellement. Ses parents étaient de Montgardin, mais le père avait une terre à Prunières. Toujours est-il que Louis vécut la quasi totalité de sa vie à Montgardin.
Le mariage

L'amour, le bel amour, décida d'unir les deux beaux jeunes gens et, le 10 février 1858, le maire de la commune Jean Antoine Garcin les unissait sous les yeux et les vivats du village. Louis avait vingt-cinq ans, Marianne, presque vingt et un.
La jolie Marianne était illettrée, ce qui n'étonnera personne. La plupart des gens et surtout des femmes ne savait pas écrire. De toute façon, elle n'en avait pas besoin. Son époux, lui, le savait et, en bon propriétaire, lui assurerait un niveau de vie correct.
Si courte, si peu...

Marianne et Louis n'eurent qu'un enfant, mais celui-ci mourut au bout de quelques jours.

Et le mariage ne dura pas longtemps. Un peu plus de trois ans après leur union, le 19 juin 1861, Marianne mourait à son tour, âgée de seulement 24 ans. La raison n'est pas connue.. Une maladie ? Un mort en couches ? Malheur si fréquent en ce temps qui a enlevé combien de jeunes femmes... 
Ce soir-là, Louis sortit dans la campagne et regardait vers la plaine. Il pleurait. Il n'eut pas la force d'aller signer l'acte du décès et laissa la corvée à ses amis, Jean Bonnafoux et Jean Durand.


Après les obsèques de Marianne, la vie reprit son cours. Le 8 février 1865, près de 4 années plus tard, Louis se remariait...
Photographie : Le village de Montgardin © Jean Marie Desbois, 2003
© Jean Marie Desbois, 2008-2009

Ce blog contient 48 pages à ce jour